
Gros plan sur la cigarette électronique
La France compte environ 16 millions de fumeurs. Près d’un sur deux décédera prématurément des suites d’une maladie provoquée par le tabac.
S’ajoute à ce fléau une inquiétude qui peut sembler légitime avec la démocratisation de la cigarette électronique. Il y aurait environ 2 millions de vapoteurs réguliers dans l’Hexagone. Certains louent les vertus de ce dispositif, d’autres estiment qu’il renormalise l’acte de fumer et contient de nombreux éléments toxiques. Qu’en est-il vraiment ?
La vapoteuse ne tue pas comme le tabac
Le Professeur Dautzenberg, pneumologue à la Pitié Salpêtrière, est intervenu au micro de la radio Europe 1 en décembre 2015 pour évoquer la vapoteuse et, aussi, le lien existant entre la cigarette électronique et la santé. Selon lui, le danger que représente ce produit est minime par rapport au tabac. “Il y a moins de métaux qui sortent de la cigarette électronique que la quantité autorisée pour les médicaments en inhalation” explique-t-il. De plus, un vapoteur n’est pas nocif pour son entourage, contrairement à un fumeur qui contribue au “tabagisme passif”. Des chercheurs ont souligné à plusieurs reprises la présence de formaldéhyde dans la cigarette électronique. Le Professeur Dautzenberg ne conteste pas ce fait, mais il précise que cette substance n’existe pas dans une quantité suffisante pour représenter un véritable danger sur la santé. “Ce qui tue, c’est le tabac, ce n’est pas la cigarette électronique” assène-t-il. Le Professeur Dautzenberg a travaillé à l'élaboration d’une norme pour réglementer la fabrication des vapoteuses et des liquides électroniques. Tous les fabricants français respectaient déjà les grands principes selon lui à la fin 2015. Ce pneumologue est loin d’être le seul à tenir un discours rassurant à l’égard de ces dispositifs relativement récents. Le Collège Royal de médecine de Londres a publié un rapport dans lequel ses membres concluent que les cigarettes électroniques “ne sont pas susceptibles d'excéder 5% des méfaits associés au fait de fumer du tabac”.
La cigarette électronique comme un outil de sevrage ?
Sur notre continent, ce ne sont pas moins de 6 millions de personnes qui auraient arrêté de fumer grâce à la vapoteuse en 2014, dont 400 000 français selon une enquête réalisée par la Commission Européenne. Une étude parue dans la bibliothèque Cochrane en décembre 2014 a quant à elle démontré que 9% des personnes qui ont utilisé une cigarette électronique avaient réussi à se sevrer et plus d’un tiers des participants avaient diminué significativement leur consommation tabagique. Néanmoins, la cigarette électronique peut-elle attirer les jeunes vers la cigarette ? Une étude menée en France semble prouver le contraire. “Paris Sans Tabac” a interrogé des milliers de collégiens et de lycéens sur leur consommation de vaporisateurs et de cigarettes. Les enquêteurs ont par exemple observé que la prévalence du tabagisme a diminué chez les 12-15 ans de 20,2 % à 7,4 % entre 2011 et 2015 et de 42,9% à 33,3 % dans le même laps de temps. Il semble donc que ce dispositif ne normalise pas non plus l’acte de fumer : “l'utilisation de l'e-cigarette est limitée presque entièrement à ceux qui utilisent déjà, ou ont utilisé, le tabac” selon les experts du Collège Royal de médecine de Londres.
Il est sans doute préférable d’arrêter de fumer totalement, sans l’aide de la cigarette électronique, mais peu de personnes y parviennent. La vapoteuse représente donc une solution très intéressante qui s’inscrit dans une politique de diminution des risques et d’amélioration de l’état de santé.
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